Depuis des siècles, et notamment avant l’invention de l’enregistrement de la musique, la réduction ou la transcription constituaient le meilleur moyen de diffuser les œuvres orchestrales, difficilement reproductibles pour des raisons de coût ou de moyens humains. Ainsi les opéras de Rameau ou de Mozart ont eu, de leur vivant, des adaptations en musique de chambre et Liszt fut un fervent défenseur des symphonies de Beethoven… au piano à quatre mains !
Aujourd’hui, à l’heure du streaming où l’on peut quasiment écouter toute la musique par l’interprète de son choix à n’importe quel endroit de la planète, ces transcriptions ont à nouveau le vent en poupe et c’est rassurant : rien ne remplace l’expérience hic et nunc. C’est le chemin que vous proposent ensemble La Cité Bleue et l’OCG.
« Dédiées aux victimes de la guerre, inspirées par la ville martyrisée de Dresde, Les Métamorphoses de Strauss déploient le deuil le plus poignant, mais aussi une fougue qui, venant d’un compositeur au soir de sa vie, n’est pas moins empreinte de volonté que chez le jeune Beethoven. Celui-ci sent et sait, de retour d’Heiligenstadt, qu’il ouvre, avec l’Eroica, les temps nouveaux. Cette symphonie est la pierre angulaire de la musique occidentale, au même titre que la Révolution française est un point de non-retour dans toute l’histoire de l’Occident. La citation de Strauss, en épilogue des Métamorphoses, dans un véritable adieu à la musique instrumentale (« pure », ou plutôt ohne Worte), de la marche funèbre de l’Eroica, marque un trou de ver entre Vienne et Dresde, entre Napoléon et Hitler, entre la révolution et l’armistice. » — Raphaël Merlin
Programme
- Richard Strauss, Métamorphoses, (version en septuor), op. 142
- Ludwig van Beethoven, 3e Symphonie, (transcription pour quatuor avec piano de Ferdinand Ries)
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