Que d’amours impossibles dans ce programme !
Chez Maeterlinck, Debussy et ici chez Fauré, Pelléas aime Mélisande qui aime Pelléas, mais Golaud s’interpose. Chez Shakespeare, et ici chez Tchaïkovski, les Capulet et les Montaigu s’opposent aux amours de Roméo et Juliette.
Quant au quatuor à cordes et à l’orchestre, quel étrange mariage… Le quatuor à cordes n’est-il pas un petit orchestre à lui seul ? Comment faire dialoguer ce qui n’est pas un instrument soliste avec un orchestre ? C’est le redoutable pari qu’ont pris Raphaël Merlin – ici dans son double costume de compositeur et de chef – et le compositeur franco-péruvien Juan Arroyo.
« Eléa est mon opus 1, inspiré de La Nuit des temps, de René Barjavel, une sorte de Roméo et Juliette science-fictionnel. J’y ai cherché la pulsation la plus profonde de l’être cryogénisé, espoir de renaissance, pour culminer dans l’intensité d’un silence au cœur de l’œuvre. C’est un immense honneur d’accompagner le Quatuor Tana, là encore en création suisse, dans l’œuvre de Juan Arroyo, dont on ignore encore le titre à l’heure de mettre sous presse. Nous plaçons ces deux expériences insolites sous les bons hospices de Fauré et Tchaïkovski, plus proches l’un de l’autre qu’on ne le croirait, tant la Russie tsariste du XIXe parlait et chantait français, et tant était influente cette école de Saint-Pétersbourg, dans les salons parisiens. » — Raphaël Merlin
Programme
- Gabriel Fauré, Pelléas et Mélisande, suite symphonique, op. 80
- Raphaël Merlin, Eléa, pour quatuor à cordes et orchestre, op. 1 (Création en Suisse et co-commande de l’Orchestre de Chambre de Genève et du Quatuor Tana)
- Juan Arroyo, Création, pour quatuor à cordes et orchestre*
- Piotr Ilitch Tchaïkovski, Roméo et Juliette, Ouverture-fantaisie, TH 42
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