Trop rarement donnée en concert, la Cantata Profana, seule composition d’envergure pour chœur et orchestre de Béla Bartók, porte un profond message d’universalité. Sur une ballade populaire roumaine, elle exalte, par la métamorphose de neuf fils de chasseur en cerfs majestueux, l’appartenance au règne animal et la vanité de l’humain : mis en joue par leur père, ils ne veulent pas retourner auprès de leurs parents ; leur vie sauvage est trop belle, trop pure et foisonnante. Un pur sommet de beauté à l’écriture arborescente.
« Le cerf réclame de l’eau fraîche », premier volet du Psaume 42 de Mendelssohn, pourrait avoir inspiré le chef-d’œuvre de Bartók, ce même animal chantant le trésor de l’eau de source.
Sous l’archet incandescent de Pierre Fouchenneret, en contre-point : la Première Rhapsodie de Bartók et le Concerto de Mendelssohn en mi mineur. Le violon instrument sauvage, profondément forestier lui aussi !
« Le face-à-face entre deux musicien·ne·s a toujours des vertus spéciales : voilà une seule soirée pour mesurer l’immensité de chaque univers, comme on passerait d’une planète à l’autre. En forêt, Mendelssohn et Bartók chacun dans leur essence. » – Raphaël Merlin
Programme
- Béla Bartók, Rhapsodie pour violon et orchestre n°1
- Felix Mendelssohn
- Psaume 42
- Concerto pour violon n°2 en mi mineur
- Béla Bartók, Cantata Profana