« Heureux ceux qui pleurent. »
Dès les premiers mots de son Requiem profane, Brahms célèbre l’humanité universelle, en portant une tendresse particulière à celui qui souffre, au laissé-pour-compte. Chaque mouvement est une méditation sur la perte et la fragilité humaines, qui transforme, dans une alchimie si brahmsienne, le deuil individuel en expérience universelle.
Étoile montante de la jeune génération lyrique, la soprano américaine Erika Baikoff chantera pour la première fois à Genève aux côtés du profond baryton Christian Immler et de l’Ensemble Vocal de Lausanne, hautement familier de l’œuvre.
Un chant qui va droit au cœur de l’Humain.
« Brahms est un magicien-mécanicien. On croit d’abord rencontrer un grand romantique au lyrisme échevelé et on craint de se lasser de « tant d’effets ». Sur le temps long, on apprécie la puissance de son écriture, fondée, comme ses ancêtres Haydn et Beethoven, sur le développement du motif. Apparaît alors, consciemment ou non, une architecture bouleversante, dont les logiques et les rouages profonds appellent à toujours plus d’attention dans l’écoute, avec vitalité et sans empressement. Son Requiem couronne toute sa personnalité, offrant le mariage improbable entre ferveur et noblesse. » — Raphaël Merlin
Programme
- Johannes Brahms, Ein deutsches Requiem, op. 45

