L'OCG - L'Orchestre de Chambre de Genève

Château de Rouelbeau

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Les ruines du château de Rouelbeau constituent l’un des rares témoignages de l'architecture castrale du Moyen Age encore conservé dans la campagne genevoise. En 1921, le site fut placé en tête de la liste des soixante premiers objets et immeubles classés du canton de Genève, ce qui démontre bien l’intérêt porté à cet ensemble unique par les protecteurs du patrimoine de l’époque.

Au terme de douze années d'investigations archéologiques (fig. 1) qui ont révélé les vestiges d'une vaste bâtie en bois ayant précédé le château de pierre, le site a fait l'objet d'un programme de restauration et de mise en valeur des ruines intégré dans le projet de renaturation des sources de la Seymaz qui environnent le château.

Vue aérienne du site de Rouelbeau prise au terme des investigations archéologiques, à l'occasion du relevé photogrammétrique réalisé à l'aide d'un drone (Archéotech SA).

Fig. 1. Vue aérienne du site de Rouelbeau prise au terme des investigations archéologiques, à l'occasion du relevé photogrammétrique réalisé à l'aide d'un drone (Archéotech SA).

Les sources historiques permettent de situer l'édification du château de Rouelbeau dans le courant de l'été 1318; le chantier, confié au chevalier Humbert de Cholay, arrive à son terme le lundi 7 juillet. Cette construction intervient dans le contexte des guerres qui opposent, durant près d'un siècle, les dauphins de Viennois et sires de Faucigny aux comtes de Savoie. Le château est localisé au nord-ouest de la seigneurie des Faucigny, dont les territoires jalonnent la vallée de l'Arve jusqu' à Chamonix. Cette place forte, couplée à d'autres ouvrages militaires, leur assure l'accès à la ville neuve d'Hermance et, par là même, au débouché commercial que représentait le lac Léman.

Restitution de la bâtie en bois. Les deux fossés défensifs entourent le château, accessible par les deux ponts. Le corps de logis est aménagé dans la dépression du tertre artificiel (voir fig. 3). Seuls trois des quatre angles sont munis de tours (On-Situ).

Fig. 2. Restitution de la bâtie en bois. Les deux fossés défensifs entourent le château, accessible par les deux ponts. Le corps de logis est aménagé dans la dépression du tertre artificiel (voir fig. 3). Seuls trois des quatre angles sont munis de tours (On-Situ).

L'intérêt de ce château réside dans la description qui en est faite en 1339, à l'occasion d'un projet de vente des biens du dauphin du Viennois au pape. Le précieux document indique la présence d'une vaste bâtie en bois, édifiée au sommet d'un tertre artificiel protégé par un double fossé et entouré de marais (fig. 2).

Le château de Rouelbeau lors des fouilles archéologiques. Les vestiges au centre du cliché correspondent aux soubassements du corps de logis (voir fig. 2) dont les élévations ainsi que la toiture étaient en bois (Michelle Joguin Regelin, SCA).

Ce logis est destiné à la garnison qui peut être constituée de six chevaliers et d'une dizaine de fantassins en temps de guerre. Des détails sont donnés quant à la dimension de l'enceinte, au nombre de tours et à leur hauteur ou encore à la présence d'un logement placé au centre de la plateforme. Ce dernier comprend une cave et un cellier surmontés d'une chambre et d'une salle de réception dotée d'une cheminée

(fig. 3 : Le château de Rouelbeau lors des fouilles archéologiques. Les vestiges au centre du cliché correspondent aux soubassements du corps de logis (voir fig. 2) dont les élévations ainsi que la toiture étaient en bois (Michelle Joguin Regelin, SCA).

Si le maintien d'une position fortifiée est indispensable, les bâties en bois sont généralement remplacées, peu de temps après leur édification, par des châteaux en pierre. Rouelbeau appartient à ce cas de figure et les puissantes murailles de la nouvelle fortification sont dressées le long et à l'extérieur des palissades de la bâtie, dans le glacis du fossé (fig. 4).

Restitution du château en pierre: un nouveau corps de logis maçonné est construit contre la courtine est (On-Situ).

Fig. 4. Restitution du château en pierre: un nouveau corps de logis maçonné est construit contre la courtine est (On-Situ).

Aucun texte ne fait état de cette transformation qui intervient après 1339, mais pas au-delà de 1355, année qui marque le terme des conflits entre les deux puissances régionales. C'est à cette date que le comte de Savoie entre en possession du Faucigny et, par conséquent, du château de Rouelbeau.

Huile avec inscription au verso En 1536, les événements de la Réforme protestante marquent la prise du château par les seigneuries réformées de Genève, puis de Berne, pour réintégrer finalement les terres du duc de Savoie à partir de 1567. Par la suite, la famille de Genève-Lullin possèdera la forteresse, durant près de deux siècles et demi, mais elle sera rarement occupée par ses propriétaires et servira même parfois de prison. Finalement, en 1798, l'Etat, qui vient de s'approprier le château, le cède à des particuliers qui le démantèlent progressivement pour récupérer les matériaux de construction, laissant un champ de ruines pour unique témoignage de ce passé prestigieux

(fig. 5 : Huile avec inscription au verso "Ruines de Roilbot" accompagnée d'un chiffre interprété comme étant l'année 1808 (collection privée).

Dans le cadre du projet de conservation, de restauration et de mise en valeur du site, les murailles du château maçonné ont été consolidées tout en maintenant leur aspect de ruines. Quant à la bâtie en bois qui l'a précédé, les nombreux vestiges archéologiques lui appartenant ont été remblayés afin de les préserver. Le visiteur peut cependant les visualiser sur une imposante maquette en bronze reproduisant l'état du chantier archéologique avant son comblement. Déposée sur l'extrémité nord de la plateforme du château, elle est accompagnée par des panneaux explicatifs présentant des restitutions des différentes phases architecturales de la forteresse (fig. 6).Le dialogue qui s'instaure entre les panneaux didactiques, la maquette en bronze et les ruines facilitent la compréhension du site (On-Situ).

Fig. 6. Le dialogue qui s'instaure entre les panneaux didactiques, la maquette en bronze et les ruines facilitent la compréhension du site (On-Situ).

En complément à la visite du site, un film (www.batie-rouelbeau.ch) racontant l'évolution architecturale du château, insérée dans son contexte historique, donne une image réaliste de la place forte à travers les siècles et permet de s'immerger totalement dans le contexte de l'époque.

Adresse

Le Château
1252, Meinier
+41 22 722 12 12
http://www.batie-rouelbeau.ch
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